Paroxysme

Claudio Gutiérrez


      Mes mains te sculptent
      de caresses
      et mon regard te dessine
      dans l'obscurité
      avec des rêves de nuages.
      Chaque jour où je ne t'ai pas aimée
      a été une pure perte.


      Tu es ici, auprès de moi,
      ton corps resplendissant
      dans la soie et les draps,
      tes cheveux s'emmêlent
      avec tes sourires.
      Ta peau s'offre et m'accepte.
      Chaque heure où je ne t'ai pas aimée
      a été une pure perte.

      Ta peau s'ouvre et nous fait gémir,
      et tes yeux d'océan
      comme barcasses
      à l'horizon,
      bercent mes paupières.
      Ta peau s'ouvre et je te pénètre
      jusqu'à la moelle de tes os.

      Tu dis que mon visage
      est joyeux
      et ce doit être vrai,
      car je sens en moi
      une chanson dorée;
      chaque fois que je ne t'ai pas aimée
      a été une pure perte.

          San José, septembre 1989

(traduction: Bernard Cassaigne)
Copyright © 2002 Claudio Gutiérrez